FRANCE — RHÔNE-ALPES · VILLA · 236 M²
COLLECTION SOLARIS
Monolith, une villa pensée autour d'un bloc de pierre.
L'intention
Le raisonnement spatial
La matériothèque
COLLECTION SOLARIS
Monolith, une villa pensée autour d'un bloc de pierre.
Introduire la roche brute au cœur de l’habitat, presque intacte, et n’y intervenir que par un seul geste. Ici, la pierre n’est ni taillée ni polie : elle est posée, telle qu’extraite, et l’on se contente d’y creuser l’usage strictement nécessaire, un plan, un évier, une tête de lit. Tout le reste, bois chaud, lin épais, lumière basse, existe pour rendre cette présence minérale habitable.
Cette étude explore une idée unique, poussée jusqu’au bout : et si le mobilier n’était pas fabriqué, mais prélevé ? Chaque pièce s’organise autour d’un bloc de pierre brute laissé dans son état naturel, dans lequel on ne taille qu’un seul geste utile. Ce principe, la masse intacte contre l’intervention minimale, est le fil de tout le projet, et il demande une grande retenue : tout l’art est de savoir où s’arrêter.
Dans la cuisine, un rocher massif devient l’îlot central. On n’en polit que la surface strictement nécessaire à l’usage, la zone de l’évier et du plan de travail, en laissant tout le reste du bloc à l’état brut, avec ses fractures et son grain. Le contraste entre la partie ouvrée, lisse et fonctionnelle, et la masse sauvage qui la porte, résume toute la démarche. Autour, les rangements de chêne clair pleine hauteur disparaissent dans le mur : ils libèrent l’espace pour que le bloc règne seul, cadré par la grande baie sur la forêt d’hiver.
La chambre applique le même principe au repos. Le lit ne pose pas sur un sol, mais sur une dalle de pierre brute qui l’élève de quelques centimètres, un socle naturel qui l’isole et le sacralise. La tête de lit est un pan de roche encastré dans le panneautage de chêne, éclairé par un rai de lumière rasante qui révèle son relief. Les fines suspensions de laiton descendent devant la pierre comme des traits d’or, et le lin clair de la literie adoucit toute cette minéralité. On dort adossé à la montagne, protégé par elle.
Le séjour, enfin, ramène le geste à l’échelle de l’objet : une table basse taillée dans un tronc de pierre, dont seul le plateau est adouci pour l’usage, le reste conservant sa forme d’origine. Les assises de lin épais, profondes et enveloppantes, entourent ce bloc et invitent au repli. Face à la baie ouverte sur les arbres nus et la brume, l’espace tout entier devient un refuge sombre et chaud, où la matière brute n’est plus une menace mais un abri.








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