ÉTUDE CONCEPTUELLE - OBSIDIAN SANCTUM

FRANCE — RHÔNE-ALPES · VILLA · 312 M²

COLLECTION NOX

La roche, l'ombre, et le silence sculptent chaque volume, jusqu'à faire disparaitre toute forme de distraction.

L'intention

Un refuge taillé dans la roche, où l’on se retire du froid comme on entre dans une grotte. Ici, la pierre sombre n’est pas un décor : elle est la montagne elle-même, ramenée à l’intérieur. Tout l’espace cherche le contraste entre la dureté minérale et la douceur des matières que le corps rencontre, la première protège, les secondes accueillent.

Le raisonnement spatial

Cette étude part d’un volume adossé à la pente, ouvert sur un seul grand paysage : la montagne enneigée. Le parti est de traiter la pierre en masse continue, murs, encadrements, socles, pour que l’intérieur semble creusé plutôt que construit. La roche est laissée brute de taille sur les surfaces qu’on regarde, et adoucie seulement là où la main se pose : le dessus d’un plan, le bord d’un bassin. Ce double traitement d’une même matière est le fil conducteur du projet.

Dans la chambre, le lit est logé dans un renfoncement de pierre, comme une alcôve protectrice. Le geste est délibéré : en resserrant la roche autour du couchage, on crée un abri dans l’abri, et l’on réserve toute la hauteur et toute la lumière au grand vitrage qui cadre les sommets. Le regard, une fois allongé, ne rencontre que la montagne, le reste de la pièce s’efface dans la pénombre minérale.

Le séjour inverse la logique : là, on ouvre. Deux baies d’angle font entrer la lumière blanche de la neige et dissolvent le coin de la pièce, si bien que la masse de pierre semble flotter. Face à cette froideur, les assises en laine bouclée et les tapis en fibre tressée réchauffent le sol et invitent à rester. Une seule table de pierre noire adoucie répond, en version polie, aux parois brutes qui l’entourent,  le même matériau, deux états.

Le bain, enfin, pousse l’idée à son terme : une vasque monolithique creusée dans la pierre, brute au-dehors, lisse au-dedans, où l’eau sombre rejoint le ton de la roche. On ne se baigne pas dans un objet posé sur le sol, mais dans un creux de la matière, l’aboutissement de tout le récit du lieu.

La matériothèque

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